Pourquoi CanGo a fermé ses portes?

Joël Lamika, influenceur congolais, nous raconte la vrai raison de départ de CanGo.

Après avoir été surpris par la mauvaise nouvelle annonçant le départ des Taxis Motos CanGo, je me suis donné la peine de bien vouloir en savoir plus sur les raisons cachées de cette brusque fermeture d’une entreprise à peine installée dans mon pays.

D’après nos informations récoltées auprès de certains employés de cette société, il s’avère que:

lors de son installation à Kinshasa, l’entreprise avait négocié un contrat avec certains motards de la ville pour que ceux-ci travaillent pour elle.

Ledit contrat stipulait que les motards devraient travailler uniquement pour #Cango, prendre uniquement les clients de #Cango qui réservaient via l’application mobile.

En revanche, la société s’était engagée à verser journalièrement 20$ soit 34.000 Fc au taux actuel par motard. Ce deal ne dépendait pas d’un quelconque versement du motard. Ce dernier devrait juste être appelé par un client pour faire une course puis revenir. Hormis cette somme, les motards avaient un Gillet et un casque de l’entreprise.

Le contrôle et la comptabilité se faisait numériquement au niveau de #Cango qui pouvait suivre de prêt les déplacements d’un motard qui, même s’il apportait 10.000 Fc à l’entreprise, cette dernière devrait le payer 34.000 Fc tel que souligné dans le contrat.

Je rappel en passant, que #Cango n’avait aucune moto, elle dépendait totalement des particuliers communément appelés " wewas".

Pour plusieurs wewas, Cango était une bonne opportunité de se réveiller le matin avec l’assurance de gagner ses 20$/jour sans trop de stresse. Surtout avec la faveur qu’ils avaient de la part de l’État congolais d’accéder dans toute la ville sans être interpellé. Les motards de Cango étaient donc très à l’aise et favoriser.

Avec 20$ la journée, le motard pouvait donc verser 10$ au proprio de la moto et garder le reste.

De bouche à l’oreille, le message passait, la clientèle ne faisait que s’accroître et plusieurs wewas venaient d’eux mêmes solliciter l’adhésion au sein de la société.

Pour couvrir toute la ville de Kinshasa par son service, Cango devrait faire signé plusieurs wewas de la capitale.

Du coup, plus elle avait les motards, plus il y avait des billets de 20$ à sortir tout les jours.

Quelques semaines après le lancement de la société, elle décida de revoir ses contrats et proposera 17.000Fc aux motards qui, je rappelle, touchaient 34.000 FC à la fin d’une journée.

C’est de là qu’à commencé la crise.

Mécontent de la nouvelle mesure de #Cango, plusieurs #wewas décident de résilier le contrat signé avec l’entreprise pour revenir à leur système analogique et stressant mais rentable où ils pouvaient gagner 50.000 Fc/ jour.

Face à une forte demande mais sans avoir les motos pour répondre au besoin de la clientèle, l’entreprise décidera de fermer ses portes pendant quelques semaines.

Voilà la réalité chers amis…

Alors dites moi, où est la part du gouvernement congolais dans tout ça ? Le Premier Ministre devrait-il obliger les wewas à travailler pour #Cango à 17.000Fc/jour?

Comme vous le savez, il est difficile de réussir dans son entreprise lorsque ceux qui détiennent votre force sont ailleurs. Sans avoir ses propres motos, comment #Cango comptait vraiment développé son business au Congo?

Avec le financement d’1 millions qu’ils avaient, la société aurait mieux fait de penser à l’achat de ses propres motos que de compter sur nos #wewas qui à la base sont incontrôlables.

Eux mêmes savent ce qu’ils ont fait de cet argent…

Il ne suffit donc pas de développer une application de vente d’ordinateurs, encore faudra être sois même en mesure d’en acheter et vendre via ladite application.

C’est toujours pas facile de compter sur les autres. Qu’il soit #wewas ou encore l’État Congolais, comptez d’abord sur vos propres forces.